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22.06.2021 : Mauricio Salamanca, saxophoniste professionnel et professeur de saxophone à l'Ondine genevoise et en privé : "j’ai commencé l’étude du saxophone en Colombie quand j’étais enfant".

22 juin 2021 par
22.06.2021 : Mauricio Salamanca, saxophoniste professionnel et professeur de saxophone à l'Ondine genevoise et en privé : "j’ai commencé l’étude du saxophone en Colombie quand j’étais enfant".
SERVETTE-MUSIC SA, VPI

> Mauricio, peux-tu nous parler de ton parcours et des différents ensembles dans lesquels tu joues ou que tu diriges ?

J’ai commencé l’étude du saxophone en Colombie quand j’étais enfant en approchant à la fois la musique classique, la musique populaire de mon pays, et la musique latino plus globalement. En arrivant ici, j’ai fais mes études à la Haute école de musique de Genève en classique et en parallèle à la HEMU en section jazz. Aujourd’hui, je suis professeur à l’Ondine Genevoise et en privé. Je suis membre du Quatuor Saxas et du Big up' band. Et puis enfin, je dirige le Big Band de Dardagny-Russin.


> Il y a une grande nouveauté chez Selmer, l'Alto Supreme, qu’en penses-tu ?

Le Supreme est un joli coup de la maison Selmer. Elle a réussi un bel assemblage, alliant un son homogène, une précision mécanique et une intonation formidable. C’est un excellent saxophone sur tous les points, qui va ravir tant les musiciens qui jouent du classique que ceux qui jouent des musiques actuelles. Ses qualités permettent au musicien de se concentrer sur la musique sans devoir lutter contre l’instrument. Il surfe sur la tendance actuelle, qui favorise un saxophone plus réservé et moins éclatant que son prédécesseur, le Série III.


> Par rapport au modèle que tu joues actuellement, quels sont les plus et les moins ?

Je joue sur un modèle Série III de chez Selmer, avec un corps en argent massif. Comparé à mon instrument, et d’une manière plus générale, au Série III, il est clair que les points évoqués ont été nettement améliorés. Toutefois, le Supreme est un instrument un peu plus centré et réservé. Cela le rend beaucoup plus facile et confortable à jouer, mais moins éclatant que le Série III. Il n’y a pas besoin de lui rentrer dedans pour qu’il sonne.


> As-tu déjà ressenti des sensations équivalentes sur un autre modèle ?

On peut retrouver certaines de ces qualités sur quelques modèles de chez Yamaha, notamment au niveau de la facilité de jeu, mais le son des saxophones Selmer est inégalable.


> Dans le contexte où Selmer reste le leader du saxophone, que penses-tu des marques qui sortent des sentiers battus telles que Cannonball ou Advences, face à des marques plus traditionnelles comme Yamaha ou Yanagisawa ?

Les marques comme Advences et Cannonball sont résolument tournées vers la musique actuelle et séduisent beaucoup les jeunes par leur esthétique sortant de l’ordinaire. Les personnes qui pratiquent des musiques modernes, pop, jazz les apprécient car ils sont moins exigeants que les Selmer, tout en délivrant un son riche et en ayant une signature sonore propre. Je pense quand même qu’avec ce nouveau modèle, ce schéma pourrait changer.


> Comment vis-tu la situation actuelle en tant que musicien ?

La situation sanitaire est difficile car les concerts et le lien avec le public me manquent. Mais cela m’a aussi donné l’occasion de mettre en place de jolis projets, notamment plusieurs enregistrements à distance, y compris avec l’Amérique Latine. Aujourd’hui, la technologie permet heureusement cela. Cela ne remplace pas les concerts, mais comme ça on peut garder un lien avec les autres.


> Et en tant que professeur ? Cours à distance, en présentiel, y a-t-il des choses à garder de tout cela ?

La musique est un art vivant et qui a besoin d’interaction pour être vécu. C’est très délicat de l’enseigner à distance. Les inégalités d’équipement font qu’il est compliqué de travailler correctement avec les élèves. On ne peut pas corriger la posture, ni le son, ou indiquer un rythme. Durant la période d’enseignement à distance, les enfants étaient très heureux d’avoir leur cours car ça leur faisait oublier la situation actuelle. Maintenant qu’ils sont revenus en présentiel, ils sont encore plus motivés qu’avant.


> Quels sont tes projets musicaux pour la suite ?

Avec les différents ensembles dont je suis membre nous avons pas mal de concerts qui se profilent pour la deuxième partie de l’année. Avec le  Big up' band pour l’automne, avec Balenque (un groupe de musique brésilienne) à l’Alhambra, et cet été avec l’OSR sur la scène Ella Fitzgerald. Avec le Quatuor Saxas, nous sommes également en train d’écrire et éditer un livre de contes et musiques pour enfant avec des compositions originales.